Cour de l’hôtel de Beauvais, photo : Mbzt

Rue François Miron, une noble façade en pierre de taille ornée d’un rare balcon de pierre arrondi ouvre sa porte concave aux vantaux ornés de portraits en médaillons, sur une très théâtrale cour semi-ovale. Détonnant par son architecture baroque, l’hôtel de Beauvais l’est plus encore par son histoire !

Façade de l’hôtel de Beauvais, photo : Mbzt

Nous sommes en 1655. Anne d’Autriche, jeune veuve avec ados à charge, à peine remise des soubresauts de la Fronde et alors que la France est encore en guerre avec son Espagne natale, s’inquiète pour l’avenir du royaume. Et de ses deux garçons.

Petit flash-back : Anne a été mariée à 14 ans au jeune Louis XIII. Or ce dernier a mis vingt-trois ans à mettre Anne enceinte du futur Roi Soleil. Aussi, cette dernière veut s’assurer que son rejeton, futur CEO de la petite start-up des Bourbons créée en 1589 par Henri IV, assurera la relève. Elle s’angoisse d’autant plus que le « plan B », son fils cadet, semble déjà avoir la même orientation sexuelle que son défunt papa.

Portrait d’Anne d’Autriche, par Rubens en 1625, musée du Louvre.

Afin de s’assurer que l’aîné des héritiers puisse se reproduire à gogo avec n’importe quelle femme, sans risque d’y mettre du sentiment, la reine contacte la plus laide de ses suivantes, sa première femme de chambre, Catherine Bellier. Dite « Cateau la Borgnesse », c’est elle qui se charge de dépuceler le jeune « Loulou » qui deviendra le PCR (non, on ne parle pas du test mais de son plan c** régulier) du jeune homme entre ses 14 et 16 ans.

La somptueuse demeure de la rue François Miron parvenue jusqu’à nous, construite sur les plans d’Antoine Le Pautre – premier architecte du Roi – avec les pierres destinées au palais du Louvre, est en fait une partie de la rémunération versée à « Cateau la Borgnesse » en échange de son dévouement. Simple roturière, elle verra aussi son mari promu baron avec château en province, pension de 2000 livres et droit d’assister au lever royal.

Gravure de Jean Marot montrant la façade d’origine de l’hôtel (vers 1660)

Si aucun portrait de « Catherine la coquine » n’est parvenu jusqu’à nous, d’aucuns prétendent que l’un des mascarons de la cour du palais la représente. Ceux figurant des lions et des béliers seraient une allusion directe aux services rendus par Madame Bellier au futur roi de France.

Mascarons sur l’hôtel de Beauvais, photo : GFreihalter

Détail amusant: c’est du balcon de ce palais que Cateau assiste en 1660, aux côtés d’Anne d’Autriche et de Mazarin, à l’entrée triomphale de Louis XIV au bras de sa nouvelle épouse, Marie-Thérèse d’Autriche, bientôt plus grande cocue de France, par la faute, peut-être, de « l’éducation Cateau » reçue pendant deux ans par le jeune Louis.

Mascarons sur l’hôtel de Beauvais, photo : GFreihalter

Aujourd’hui occupé par la cour administrative d’appel de Paris et merveilleusement restauré, l’hôtel de Beauvais qui a vu défiler bien des personnalités (Mozart, Christine de Suède) ouvre les portes de sa cour au public aux horaires de bureau. L’intérieur ne se visite pas.

Hôtel de Beauvais
68 Rue François Miron, 75004 Paris
Tel : 01 58 28 90 00

Texte : Arthur Goth-Moruzzi – Instagram

07.07.21

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