Le tatouage, pratique millénaire, a longtemps été l’apanage des repris de justice, des dockers, de la pègre et des marins. S’il s’est démocratisé, touchant désormais tous les profils et concernant un français sur cinq, dont 16% de femmes contre 10% d’hommes, il reste encore tabou en raison de son caractère définitif et transgressif.

Ne se fait pas tatouer qui veut. Il faut accepter de passer sous les aiguilles des heures durant pour ce qui s’apparente davantage à un rite de passage qu’à une mode. Il faut du courage pour supporter l’encrage.

Selon la psychanalyse, le tatouage est un message adressé à autrui, une manière d’entrer en communication quand les mots viennent à manquer. Le dessin sous la peau comme forme de discours.

Cette transgression peut choquer « certains parlent de gêne et détournent le regard comme s’il s’agissait d’une indiscrétion » rapporte Marie Cipriani-Crauste dans « Le tatouage dans tous ses états » (L’Harmattan). C’est aussi une manière de personnaliser son enveloppe et d’en redéfinir les contours, comme si le corps originel n’était pas assez incarné.

On se marque à vie, pour entrer dans une communauté et dans une histoire. On se réconcilie avec soi-même « l’image que lui renvoie son miroir correspond à ce qu’elle est dans son for intérieur » relève la psychosociologue.

S’il est donc bien plus qu’un phénomène de mode, le tatouage est tout de même soumis à des tendances. Le style ornemental à grand renfort de motifs géométriques inspirés des mandalas a la côte et a détrôné le genre polynésien ou biomécanique.

Le oldschool est intemporel, le client privilégie les petits dessins au détriment des grosses pièces en noir et blanc. Cependant, les adeptes vous le diront : un vrai tatoué, un dur, est un tatoué qui arbore fièrement une bonne surface de peau encrée. Il aura vaillamment surmonté l’épreuve et soutient le regard dans la rue.

Ne dit-on pas aussi qu’on aborde moins facilement une femme tatouée, de peur de se prendre un revers ? Car si elle l’a fait, c’est qu’elle en a…

Alessio Pariggiano

le tatouage comme un tableau

Dans cette ancienne échoppe de cuir en gros, le tatoueur Alessio Pariggiano a transformé les lieux pour en faire un shop aux airs de boudoir. Il y officie depuis onze ans. A ses côtés travaillent Fanny et Hélène, tatoueuses et Mathilde, nail artist.

La passion de Alessio pour le dessin date de son enfance napolitaine. Après des études d’art, il se forme chez des tatoueurs professionnels. Fort de son expérience, il ouvre à Paris sa propre enseigne en 2013.

Dans son salon, part belle est faite à l’écoute et au conseil. On vient l’y voir autant pour son expertise que pour l’ambiance chaleureuse qui s’en dégage. Réputé dans le domaine du cover (recouvrement d’anciens tatouages), mais également pour son art de manier la couleur, il propose une large palette d’inspiration s’étendant de l’art nouveau au tatouage old school, néo japonais ou ornemental, qu’il associe pour créer des pièces complètement originales.

L’éthique est également sa marque de fabrique. On ne place pas un tatouage n’importe où, on ne tatoue pas un novice sur le visage ou sur les mains, question de déontologie. Car un tatouage, c’est pour la vie.

Ayant le goût de transmettre, il s’entoure, forme et constitue son équipe selon ses valeurs. Fanny et Hélène sont les deux dernières tatoueuses formées par ses soins. A Fanny le registre de la ligne fine et du végétal. A Hélène, artiste graveuse, un style gravure aux inspirations naturalistes.

Pas de doute, dans ce salon, vous trouverez votre style et la bienveillance nécessaire pour confier votre peau à l’encrage. Compter 5000 euros pour un dos entier et un an de travail, une séance d’une journée, 700 euros. Encres vegan.

Alessio Pariggiano
22 Rue Notre Dame de Nazareth, 75003 Paris
Du lundi au samedi de 11h à 19h
Fermé le dimanche
Tél : 01 40 27 05 58

Walkin Tattoo
le salon en mode speed dating
Tatouage de mits.ttt

Dans ce salon vert anglais et doré façon seventies, ouvert en 2020, on se fait tatouer sans rendez-vous pour les petites pièces. C’est le point fort de ce salon orchestré par Benoît qui gère aussi les deux autres salons de la même marque.

Neuf tatoueurs officient dans les trois salons du Marais, sept jours sur sept de 10h à 18h. La mode est aux lignes fines, aux phrases sur le corps, et à la convivialité. Finie l’époque des tatoueurs stars qui faisaient la pluie et le beau temps. Ici, le client est roi.

Tatouage de Nothedrifter

On demande aux praticiens une petite tour Eiffel, un poème ou simplement « la vie en rose » très prisée par les touristes. Sweetblanky est spécialisé dans l’art du manga, Nothedrifter dans le réalisme, les statues grecques et les vitraux. Linebyman dans le registre de la ligne fine et Distau.ttt dans le dessin floral.

On ne fera pas ici de tatoo polynésien ni de biomécanique, styles aujourd’hui déclassés. Le prix varie selon le projet, la taille, les couleurs et les détails. Compter 100 euros pour la sortie d’aiguille (la base). Encres vegan.

Walkin Tattoo
77 Rue des Archives, 75003 Paris
Du lundi au samedi de 10h à 18h
Tél : 01 47 07 40 84

Safe Urban
le concept store lifestyle
Tatouage d’Artenesis

On met les pieds dans un concept store design qui sent bon le café et la fringue neuve de créateurs français. A l’étage, sur une plaforme et au sous-sol, les tatoueurs s’activent. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, le tatouage est en plein boom.

Le carnet de rendez-vous se remplit vite et il faut réserver un mois à l’avance. Les artistes suivent la tendance qui recommande les figures minimalistes et proposent des dessins encadrés que les clients choisissent ensuite d’afficher sur eux.

Jolly Boy, jeune tatoueur, se distingue par un style traditionnel, des lignes fines. Artenesis, elle, est l’experte de l’afro égyptien ornemental. Quant à Steadyse, son style est minimaliste et coloré.

Tatouage de Jolly Boy

Tous, issus d’écoles d’art ou d’autres horizons, se sont formés durant plusieurs années dans différents salons avant d’atterrir ici.

Cette dernière décennie, la technique a beaucoup évolué ainsi que les normes européennes encadrant la fabrication des encres. Résultat : le tatouage tient mieux et plus longtemps. Ici, on paie à l’œuvre, en fonction de l’artiste.

SAFE Urban Concept
11 Rue Commines, 75003 Paris
Du mardi au samedi de 10h à 20h
Le dimanche de 13h à 19h
Fermé le lundi
Tél : 01 42 71 42 90

Tatouage de Steadyse

Texte : Valérie Rodrigue

12.04.24

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