Le musée Picasso – ©Anaïs Costet

Naguère archi-populaire le musée Picasso n’attire plus les foules. Récemment encore, des files interminables s’étiraient rue de Thorigny, devant l’entrée de la prestigieuse institution. Ce n’est plus le cas. La faute à la crise sanitaire ? Oui, mais pas seulement. Jusqu’en 2019, le musée était fréquenté à 60 % par des touristes. Or les touristes internationaux ne sont pas revenus et le public français n’est pas au rendez-vous non plus.

Mais il y a d’autres raisons à cette désaffection, comme nous l’apprend un article édifiant de L’Obs paru mi-avril. « Surexposition, lassitude du public, polémiques sur sa misogynie : le peintre espagnol, à l’approche de son jubilé [pour les 50 ans de sa mort], ne fait plus recette », écrit David Caviglioli.

Premier problème : sous le règne du dynamique conservateur Laurent Le Bon (2014-2022), qui succédait à la controversée et autoritaire Anne Baldassari (2005-2014), les expositions Picasso se sont multipliées à travers l’hexagone. Jusqu’au vertige.. L’Obs explique : « Laurent Le Bon a créé un réseau, « Picasso-Méditerranée », avec 78 institutions qui, de 2017 à 2019, ont accueilli une « programmation itinérante » sur Picasso en France, en Italie, en Espagne, en Grèce, en Israël, au Maroc. Deux années intenses de « Picassomania », avec des expositions « Matisse-Picasso » (à Nice), « Godard-Picasso » (à Arles), « Picasso et l’antique » (à Naples), « Picasso et les arts du spectacle » (à Izmir).

Jadis avare, le Musée Picasso s’est mis à prêter à qui le demandait, et notamment aux institutions régionales, dans des volumes inédits. » Sur le papier l’idée était bonne. Mais le concept a, semble-t-il, été poussé trop loin. Le journaliste David Caviogli écrit : « La Picassomania a tourné à la Picassomanie. Il pleut du Picasso sur la France. Les commissaires thématisent jusqu’au vertige.

Ces deux dernières années, on a eu droit à « Picasso sous l’Occupation » au Musée de Grenoble, « Picasso illustrateur » au Musée des Beaux-Arts de Tourcoing, « les Musiques de Picasso » à la Philharmonie, « Picasso, baigneuses et baigneurs » au Musée des Beaux-Arts de Lyon, « Picasso l’étranger » au Musée national de l’Histoire de l’Immigration, « Les Louvre de Pablo Picasso » au Louvre-Lens.

Il faut ajouter les expositions du Musée Picasso lui-même : « Picasso-Rodin », « Picasso et la bande dessinée », « Picasso à l’image », « Picasso poète ». L’année 2022 démarre fort, avec pas moins de deux nouvelles expositions Picasso, qui continuent de fouiller l’œuvre de l’Andalou. »

Au vu de la désaffection du public, le magazine fondé par feu Jean Daniel pose la question : « Picasso est-il passé de mode ? » Il semble en tout cas être la victime d’un « Picasso bashing », surtout en vogue parmi les moins de trente ans, y compris dans certaines universités américaines où l’artiste génial est décrit comme l’incarnation du peintre patriarcal, un monstre d’égoïsme, voire « un malade » qui « maltraitait les femmes », selon une historienne de l’art australienne.

En France, rappelle L’Obs, « un épisode récent, et très diffusé, du podcast féministe « Vénus s’épilait-elle la chatte ? » a fait de Picasso une figure repoussoir pour la jeunesse politisée – celle précisément qui fréquente les musées ». Pour une partie de la jeunesse, il est l’incarnation de la masculinité toxique aussi bien que du privilège blanc, misogyne absolu, pervers, tourmenteur de Dora Maar et de Françoise Gilot, violeur, pédocriminel, raciste, voleur d’art africain ».

Voilà qui expliquerait la perte de vitesse de l’hôtel Salé qui abrite depuis 1985 la plus importante collection de Picasso au monde. Même les surveillants ont le blues, parait-il. Certains tombent en dépression. Dans L’Obs, la nouvelle conservatrice Cécile Debray, qui a pris ses fonctions en début d’année, lâche : « C’est très difficile, de surveiller des salles vides ».

Texte : Katia Barillot

22.04.22

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