Le marché de la seconde main a toujours eu ses fans. Il y a cependant vintage et vintage. Du sweat-shirt vendu au poids à la pièce rare restaurée, il y a un monde. C’est la mode du second hand, qui rejoint aujourd’hui les préoccupations environnementales. Surtout, c’est un moyen de se composer des looks uniques à bon prix.

Dans l’ouvrage « Authentique vintage », Marjorie le Noan (EPA éditions), raconte les différentes époques de la mode. Les années 1950 sont celles de l’accélération de la production de masse. Après la guerre, le baby-boom signe le retour des femmes à la maison, vêtues de jupes amples et fleuries.

Les années 1960 et 1970 mettent en orbite le style psychédélique, futuriste, inspiré par la conquête spatiale. Les années 1980, dévolues à la révolution technologique, voient l’apparition de la télé par satellite, de l’ordinateur, du caméscope.

Cela se traduit par de l’excentrique et du minimaliste. Et la fluo mania bat son plein. On entre alors dans l’ère du maximalisme. Les années 1990 voient le passage au nouveau millénaire, à une société ultra-connectée grâce à la téléphonie mobile.

« Aujourd’hui, le vintage qui revient à fond est celui des années 1990 et 2000 », constate Isabelle Thomas, conseillère en style et thérapeute en image de soi.

Le mot d’ordre, c’est l’oversize. On veut des bombers, des crop tops, des vestes de survêt’ bariolées. On regarde dans le vestiaire masculin, en quête d’une veste en tweed, d’une casquette, d’un cuir. La santiag fait son retour, avec les sabots, les vestes en jean, l’upcycling, le customisé ».

Mais n’oublions pas les années 1950 et 1970 qui n’ont jamais vraiment disparu. En revanche, les années 1980 avec la veste épaulée sont bien hors-jeu.

Pour Isabelle Thomas, « il faut chiner dans les boutiques de second hand tout en respectant son style et en s’amusant ». Ce qui compte avant tout, c’est la qualité du vêtement, le tissu, la composition : « Les matières dans le vintage sont plus belles sauf celles des années 1970 qui comportaient beaucoup d’acrylique. Il y a aussi du cheap, des fausses occases made in China ».

Et attention aux tailles car le sizing a évolué au fil du temps : un 40 des années 1970 est un 38 d’aujourd’hui.

Alors, prêts à chiner ? Voici notre sélection de boutiques vintage dans le Marais :

Rendez-vous chez Nice Piece
Deux entrées desservent cette boutique ouverte en 2012 par Bonaventure qui chinait déjà du vintage dans ses jeunes années. Par goût de la recherche et parce que selon lui, le prêt-à-porter offre un rapport qualité prix médiocre et encourage la surconsommation.

Étudiant en commerce et en gestion de vente, il préférait dénicher un beau vêtement pour le nettoyer et le mettre sur cintre. Pour renouveler son stock, il voyage alors à Berlin, Bruxelles, Milan, visite les penderies des particuliers et les portants des boutiques second hand.

Chez lui, on trouve des pièces des années 1980 et 1990. Beaucoup de cuir, de léopard, de croco. Du Yamamoto, du Gaultier, du Mugler. C’est ici que l’on débusque une ceinture Isabelle Marant à 120 euros. Un costume brodé Escada à 1 300 euros, mais aussi du Balenciaga, du Versace avec ce sublime pantalon en cuir taille 36, à 650 euros.

En fouillant bien, on déniche des pièces du premier défilé de Nicolas Guesquière pour Vuitton. Du Azzedine Alaïa avec ses lignes de maille tubulaire. Les stylistes viennent se servir chez Nice Piece, de même que Kim Kardashian, l’acteur Timothée Chalamet et l’actrice américaine Marcia Cross. C’est aussi le repaire des blogueuses américaines.

Nice Piece
76 Rue Charlot, 75003 Paris
Du lundi au samedi de 12h30 à 19h30
Fermé le dimanche
Tél : 01 71 50 08 73

Une virée chez Plaisir Palace
Dans cet ancien magasin de chaussures, Didier Barroso, qui a longtemps travaillé dans les galeries d’art, a posé en l’an 2020 une empreinte acidulée et intemporelle. Le miroir lumineux, le sofa rose Baby Doll, donnent envie de jouer aux essayages. La force du lieu, ce sont ces pièces de grands couturiers français chinées chez des particuliers (tout passe au pressing) dans l’Hexagone mais aussi à Tokyo, à Mexico, et la valeur du conseil.

Fan de mode depuis toujours, Didier propose une veste en jersey Ted Lapidus, une marque qui a disparu, ou une saharienne qui sied à vos cinquante ans comme la robe Chacok à bretelles, idéales avec des créoles, des spartiates et un panier au bras, pour la fille de vingt ans.

Il vous dit comment mixer une veste de tailleur Mugler années 1980 avec un short en jean et des baskets. On y vient souvent car il n’y a qu’une taille par modèle. Les Asiatiques, les gens du cinéma ont trouvé là leur adresse où l’on déniche un blouson Courrèges à 650 euros, une maille Courrèges à 300 euros ou une chemise Saint-Laurent en soie avec Lavallière à 300 euros.

L’été et l’hiver sont mélangés pour satisfaire une clientèle cosmopolite. Ce que Didier préconise avant tout : des vêtements avec lesquels on peut bouger en trottinette, des chaussures avec lesquelles on peut allonger le pas.

Plaisir Palace
3 Rue Paul Dubois, 75003 Paris
Du mardi au samedi de 13h à 19h
Fermé le lundi et le dimanche
Tél : 09 84 22 82 89

Idao Showroom, l’antre des puristes
Boutique éphémère depuis huit ans, au moment des défilés, cette ancienne galerie d’art déploie sur 60 m2, le stock neuf des grandes maisons comme Dries Van Notten, Margiella, Comme des garçons, Lemaire. Le premier pop-up, pendant les années Covid, a été un vif succès.

D’origine vietnamienne, Tao a d’abord été agent de marques. Riche d’un gros carnet d’adresses, il s’est lancé dans la vente de neuf des collections passées de style minimaliste et japonisant. Il propose aussi des pièces qui ont fait les séries mode des magazines ou qui sont destinées à la braderie annuelle.

Une adresse à côté du musée Picasso qui attire mannequins, photographes, architectes, producteurs ou tout simplement, des habitués du quartier.

En janvier 2024, fort de son expérience, Tao ajoute une corde à son arc. Il récupère des tissus de grandes maisons de couture et lance sa propre marque unisexe Tao Dang. Sa collection Inside, dans des couleurs terre, se porte à l’envers et à l’endroit La veste est à 550 euros, chemise de 250 à 280 euros, le pantalon de 390 à 450 euros. Les tailles vont du 36 au 44.

Il envisage d’ouvrir des corners à Shanghai, à Tokyo, à Singapour et à Hong Kong et collaborer avec des artistes vietnamiens pour promouvoir l’artisanat local. On signe tout de suite.

IDAO SHOWROOM
117 Rue de Turenne, 75003 Paris
Du lundi au vendredi de 10h à 18h30
Le samedi de 15h à 18h
Fermé le dimanche
Tél : 06 69 19 47 87


Entrez dans le dépôt-vente select M82
Dominique et Odile ont ouvert ce dépôt-vente en 2023, fortes de l’idée qu’il n’y en avait pas rue de Turenne, un axe essentiel dans du Marais. Pourquoi M82 ? M. comme Monsieur, car tout a commencé par un vestiaire masculin. 82, parce que c’est le numéro de l’adresse. Dans cet espace de 28m2, on a la surprise de voir des chemises, pulls, souliers et accessoires que les femmes peuvent aisément chiper à leur compagnon.

Si la mode homme domine, il y a aussi, depuis peu, un corner femme. Et surtout, beaucoup de bijoux, la passion de Dominique. Ici on aime le luxe, Prada, Gucci, Dior, Berlucci, etc. Mais aussi du neuf. On trouve ici des jeans patchwork de la marque berlinoise Fade Out.

Le jean est à 390 euros. Les manteaux de créateur Atelier Eveil ludique, avec l’envers cousu à l’extérieur dans un patchwork de tissu de costume, sont à 500 euros. Le pull débardeur en laine Main Label coûte 160 euros ; le petit sac Prada, 450 euros. Le duo se déplace chez les particuliers pour faire des vide-dressings et prodiguer des conseils en relooking. Dominique et Odile prennent 30 à 50 % du prix de vente.

M82 Turenne | Dépôt vente
82 Rue de Turenne, 75003 Paris
Le lundi de 9h à 17h
Du jeudi au dimanche de 12h30 à 19h30
Fermé le mardi et le mercredi
Tél : 06 03 06 48 08

Une Seconde vue qui a du flair
Alice, petite fille de lunetier dans les Ardennes, a ouvert cette boutique en 2023 mais faisait déjà de la vente vintage en ligne. Le point fort de cette enseigne : des montures optique et solaire de stocks d’invendus des boutiques, restaurées, avant de les remettre sur le marché.

On change les verres, on procède à un polissage, on rénove le petit outillage, les branches, dans l’atelier mitoyen. 600 références vous tendent les bras dans une boutique toute en longueur également vintage avec ses chaises héritées du magasin du grand-père et les miroirs à main Mugler. Les paires sont chinées une par une.

Les trésors ne manquent pas : montures des années 1930, petites, rondes ; montures « oversize » Seventies avec verres bombés, ou années 1980 avec Patrick Kelly le couturier fan de dés et de boutons. Compter 130 euros une paire des années 1980 rectangulaires, étroites ou années 1990. Mais aussi une sublime paire aux montures surdimensionnées blanc crème à 436 euros. On peut customiser sa monture, changer les verres. L’adresse travaille avec les mutuelles. On y verra plus clair et écoresponsable.

Seconde Vue
15 Rue Commines, 75003 Paris
Du mardi au samedi de 11h à 19h
Fermé le lundi et le dimanche
Tél : 09 78 80 69 66

Texte : Valérie Rodrigue

28.05.24

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