Le Nouvel An chinois est la plus grande fête traditionnelle du monde sinophone, marquant le début de la nouvelle année selon le calendrier luni-solaire chinois et ouvrant une période de retrouvailles familiales, de rituels de chance et de purification.
En attendant le carnaval du Nouvel An lunaire, qui aura lieu dimanche 22 février 2026 sur la Place de la République, faisons un petit point sur cette fête populaire et festive, qui anime tout un quartier — tenu dans un mini Chinatown maraisien : rue au Maire, rue du Temple, rue des Gravilliers et rue Volta.
► Le Nouvel An chinois, c’est quoi exactement ?
Le Nouvel An chinois (ou Fête du Printemps, Chunjie) marque le passage à une nouvelle année dans le calendrier traditionnel chinois, basé à la fois sur les cycles de la Lune et du Soleil. Il commence à la nouvelle lune comprise entre fin janvier et mi-février, et donne le coup d’envoi d’environ 15 jours de festivités, jusqu’à la pleine lune du Festival des lanternes.
C’est une fête familiale et nationale en Chine et dans de nombreux territoires sinophones, durant laquelle on honore les ancêtres, on souhaite la chance pour l’année à venir, et on accueille le nouvel animal du zodiaque — en 2026, le Cheval.
► Où se trouve le cœur du « quartier chinois » du 3ᵉ arrondissement ?
Au niveau des Arts et Métiers — rue au Maire, rue du Temple, rue des Gravilliers et rue Volta — où se concentrent traiteurs, restaurants, supermarchés, pâtisseries, bouchers, coiffeurs et autres boutiques à destination des habitants du quartier. On y déguste des spécialités de nombreuses régions de Chine. Et on peut y acheter des produits difficiles à trouver dans les commerces français.
► Rituels et traditions du Nouvel An chinois
Parmi les rituels les plus répandus, on trouve d’abord le grand nettoyage de la maison, effectué avant le jour de l’An pour chasser la malchance et les mauvais esprits, et « faire place nette » aux nouvelles énergies. Les décorations rouges (banderoles, lanternes, papiers découpés, images de dieux protecteurs) sont ensuite accrochées sur les portes et fenêtres pour attirer bonheur, prospérité et protection.
Le réveillon donne lieu à un grand repas de réunion familiale, souvent le plus important de l’année, avec des plats symboliques (poisson pour l’abondance, boulettes, gâteaux de riz gluant, etc.). On échange également des enveloppes rouges (hongbao) contenant de l’argent, surtout pour les enfants, comme porte-bonheur pour la nouvelle année.
Les pétards et feux d’artifice servent à faire fuir les mauvais esprits, tandis que des danses de lion et de dragon animent les rues et les temples. Beaucoup de familles se rendent aussi au temple dans les premiers jours pour brûler de l’encens et prier les divinités afin d’apporter la chance, avant de clôturer la période par le Festival des lanternes, où l’on allume et fait flotter des lanternes dans la nuit.
► Où et comment se fête cette nouvelle année en Asie ?
Le Nouvel An chinois est central en Chine continentale, à Hong Kong, Macao et Taïwan, où il donne droit à plusieurs jours fériés, parfois une semaine entière, avec retour massif au village d’origine, défilés, temples bondés et villes décorées de rouge.
Il est également largement célébré dans les communautés chinoises d’outre-mer de pays comme Singapour, Malaisie, Indonésie, Thaïlande ou Philippines, où les quartiers chinois organisent des défilés, des marchés festifs et des spectacles traditionnels.
Dans d’autres pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est, la même période correspond au Nouvel An lunaire, avec des noms et coutumes spécifiques : le Tết au Vietnam, Seollal en Corée du Sud, Losar au Tibet, ou encore des célébrations particulières en Indonésie. Ces fêtes combinent souvent des pratiques confucéennes, bouddhistes et locales (offrandes aux ancêtres, plats traditionnels, prières dans les temples, feux d’artifice), tout en étant influencées par le modèle chinois.
► Quelques exemples des rituels par pays
Partout en Asie, le Nouvel An lunaire se déroule sur une même trame de fête (famille, ancêtres, renouveau, chance), mais chaque pays le réinterprète avec sa culture propre.
- Chine : retour au foyer, grand repas du réveillon, enveloppes rouges, visites aux proches, foires de temple, feux d’artifice, danse du dragon et du lion.
- Vietnam (Tết) : nettoyage et décoration de la maison, autel des ancêtres, fleurs de pêcher ou d’abricotier, plats spécifiques, enveloppes rouges, visites et vœux de début d’année.
- Corée du Sud (Seollal) : port du hanbok, rites aux ancêtres (jesa), jeu de yutnori, repas de soupe de gâteau de riz (tteokguk), enveloppes d’argent aux plus jeunes.
- Singapour, Malaisie, Indonésie : forte présence des communautés chinoises, avec décorations urbaines, spectacles publics et jours fériés autour du Nouvel An lunaire.
► Nouvel An chinois versus Nouvel An lunaire
« Nouvel An chinois » désigne spécifiquement la fête de la nouvelle année dans la culture chinoise et les sociétés à forte tradition chinoise (Chine, Taïwan, Hong Kong, Singapour, communautés chinoises).
« Nouvel An lunaire » est un terme plus large qui englobe l’ensemble des nouvelles années basées sur un calendrier lunaire ou luni-solaire en Asie de l’Est et du Sud-Est : Chine, mais aussi Vietnam, Corée du Sud, Tibet, et d’autres pays ou régions ayant des communautés sinophones.
Ainsi, tous les Nouvel An chinois sont des Nouvel An lunaires, mais toutes les célébrations du Nouvel An lunaire ne sont pas « chinoises » : par exemple, le Tết vietnamien ou le Seollal coréen ont leurs propres appellations, langues, plats et rituels, même si la date coïncide souvent avec celle du Nouvel An chinois.
Les rituels de la nouvelle année lunaire reprennent des éléments communs (réunions familiales, offrandes, prières dans les temples, feux d’artifice, vêtements neufs, symboles de chance), mais les formes concrètes — cuisine, costumes, musique — varient selon les cultures locales.
► Pourquoi la date n’est-elle pas la même qu’en Occident ?
En Occident, le Nouvel An du 1ᵉʳ janvier est fixé par le calendrier grégorien, purement solaire, qui suit la révolution de la Terre autour du Soleil et découpe l’année en 365 ou 366 jours fixes.
Le Nouvel An chinois, lui, dépend du calendrier traditionnel chinois, qui est luni-solaire : les mois commencent à chaque nouvelle lune, et l’on ajoute des mois intercalaires pour rester alignés avec les saisons, ce qui fait varier la date exacte dans le calendrier grégorien, généralement entre le 21 janvier et le 20 février.
La fête tombe donc le jour de la deuxième nouvelle lune après le solstice d’hiver, d’où un décalage chaque année par rapport au 1ᵉʳ janvier occidental. Cette différence de système de mesure du temps explique pourquoi l’« année nouvelle » asiatique ne commence pas au même moment en Europe et dans le monde sinophone — même si, aujourd’hui, la plupart des pays fêtent aussi le 1ᵉʳ janvier en parallèle.
► Qu’annonce l’année du Cheval ?
Le Cheval est le septième des douze signes du zodiaque chinois, associé à l’élément feu, au Sud, à l’heure de midi et au mois de juin, des moments de chaleur et d’énergie maximale.
En astrologie chinoise, le Cheval est vu comme dynamique, amoureux de la liberté, sociable, charismatique et travailleur, avec une forte énergie yang tournée vers l’action, le mouvement et l’indépendance.
L’année 2026 est une année du Cheval de Feu rouge, considérée comme une période intense, propice aux élans, aux initiatives audacieuses et aux changements rapides — mais aussi potentiellement instable si l’on manque de prudence ou de mesure.
Pour les personnes nées sous ce signe (par exemple en 1942, 1954, 1966, 1978, 1990, 2002, 2014 ou 2026), c’est un « Ben Ming Nian » — une année zodiacale personnelle, souvent perçue comme importante, demandant de soigner encore plus ses protections symboliques et ses choix.
Texte : Katia Barillot
18.02.26
