Le Marais, creuset de désirs et de transgression, devient le haut lieu de la gay attitude en Europe dans les années 1980. Bars, saunas, backrooms, les amours homos y sont célébrés dans la plus grande liberté. Par la suite, la scène hétéro s’en empare avec des commerces dédiés à la sexualité récréative. Les sex shops deviennent des concept stores et les échoppes façon Pigalle se changent en boutiques de lingerie ultra chic. Tour de piste.
entre couvent et théâtre érotique
Fermé alors sur ordre de Napoléon car les dames qui s’y produisaient étaient de mœurs légères. Ensuite, le lieu devient des entrepôts, des ateliers. Pour devenir cet hôtel moderne au cachet coquin, pour garder la dualité « mœurs légères » et le volet monacal.
À la réception le pupitre est dans un style de confessionnal. La moquette ornée d’un serpent conduit à un petit salon que l’on peut fermer avec des rideaux. Et aux ascenseurs qui mènent aux chambres. Une visite des 28 chambres dont un loft pour 6 personnes de 75 mètres carrés, dévoile un style classique avec un clin d’oeil porno chic.
Des coussins façon roulotte tziganes ornent les lits. La nuitée est à 300 euros, le petit dèj à 25 euros. Vue sur l’atrium chaleureux. Le long des murs rose sentimental, les tableaux montrant tantôt des femmes nues, tantôt une bonne sœur seins nus, évoquant l’univers de BB.
Deux bains vous attendent et sont à privatiser durant 1h30 (-30% si on a réservé une chambre): Vénus et Hédoné. Piscine, hammam, pour l’un jaccuzi et sauna pour l’autre. Ne manquez pas un tour aux toilettes des bains : un confessionnal, « con-fessez-vous » attend vos missives chargées de culpabilité. Ave Maria.
▼ Hôtel Boudoir des Muses
6 Rue de Saintonge, 75003 Paris
Tél : 01 87 58 08 08
concept store mauve désir
Depuis cinq ans, le public a même vieilli. On a fait du chemin depuis les sex toys de la rue Saint-Denis. Il faut dire qu’au love store « le Passage », le client est roi et le conseil de qualité. La force de vente est formée par les marques et par des sexologues. Ne vous étonnez pas si une vendeuse vous demande « quel genre de stimulation recherchez-vous ? Clito, pénétrant, anal etc ».
Dans cette boutique qui sent bon, on trouve une abondance de joujoux technos. Le best seller étant le womanizer destiné au plaisir clitoridien. Il cartonne depuis dix ans. Le nec plus ultra étant le Enigma Lelo à double stimulation clitoris et point G, 244 euros ou même le triple stimulation (clitoris, point G, point A comme prostate féminine).
Plébiscite des consommateurs pour le vibromasseur dédié au couple pendant la pénétration : au choix, vibro Tiani 3, 119 euros, Ida Wave, 139 euros ou Lyla 2, 109 euros, œuf vibrant técommandé. Ce sont les femmes qui les achètent. Les hommes ont peur de cette concurrence technologique. Le rabbit, jouet à deux stimulations, vaginale et clitoridienne est à 89 euros 25.
Sinon, on trouve de bons produits en cosméto, Yes for love, et pour les sex toys, la marque leader Lelo. Sans oublier les préservatifs masculins et féminins. Les digues dentaires pour la fellation. Pour les petits cadeaux : La pochette surprise est à 24 euros 90, et le string bonbon à 9 euros 90.
▼ Passage du Désir
23 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris
Du lundi au vendredi de 12h à 21h
Le samedi de 11h à 21h
Le dimanche de 13h à 20h
Tél : 01 42 72 54 78
IEM
le légendaire shopping gay
Livres, DVD, vidéos, mais aussi excitants, lubrifiants, poppers, entre autres choses à appliquer sur la peau ou sous le nez. Grand choix de cockerings en métal ou en siilicone (gadget à mettre à la racine du pénis pour garder l’érection) à 29 euros environ, de godes en tous genre (queue de chien à partir de 19 euros) etc.
On vient ici aussi pour le textile, unique en son genre : panoplies de pompiers ou de militaires, vêtements en néoprène, pour jouer au Village People. YMCA… Plus hard, les cagoules en latex (environ 49 euros) et les parures de lit hydrophobe, à 200 euros.
▼ IEM Distribution
16 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris
Du lundi au jeudi de 12h à 20h
Le vendredi et le samedi de 12h à 21h
Le dimanche de 14h à 20h
Tél : 01 42 74 01 61
la maison des poupées coquines
Imaginée en 2005 par un couple de femmes à l’intention des femmes, cette échoppe s’adresse aujourd’hui aussi bien aux lesbiennes qu’aux femmes hétéros. Le best seller en sex toy est toujours le womanizer, talonné de près par le harnais buste ou le harnais gode ceinture à 79 euros, pour simuler une pénétration.
Le « chocker » ou collier cuir ras de cou avec une boucle pour la laisse est vendu 36 euros. Nommé aussi « collier de soumission », il a ses adeptes. Les tee shirts « My pussy my choice » réalisés par une couturière en exclusivité, annoncent la couleur pour 29 euros. Dans les accessoires BDSM soft, on trouve une cagoule « petit chat » à 59 euros.
Au niveau de la lingerie, grand choix de « cat- suits », ces combinaisons en résille ou fine dentelle noire ouvertes ou non à l’entre-jambe. La légendaire marque Maison Close (les 36 et 38 sont en solde chez Doll House en ce moment) tient le haut du pavé, mais aussi les créations de la styliste anglo-japonaise E.l.f. Zhou London. Sans oublier DSTM, belle marque allemande de luxe. Pour parfaire le look maîtresse femme, foncez sur le burlesque avec les cache tétons Yokko Chérie.
▼ Dollhouse
24 Rue du Roi de Sicile, 75004 Paris
Du mardi au samedi de 13h à 20h
Fermé le lundi et le dimanche
Tél : 01 40 27 09 21
royaume kinky
D’où l’idée de créer un lieu dédié au monde de la nuit porno chic et au BDSM de luxe. Chez Vous monsieur…, on trouve de la lingerie en cuir vegan, de la marque Tacite, à 339 euros, des harnais Paloma Casile, le top harnais est à 39 euros 90, la culotte à 79 euros 90.
Sans oublier le sublime corset en vinyle rouge lacé ou le serre-taille façon croco The Loussine London. À coordonner avec des cuissardes très trottoir et toute la panoplie pour aller en club (L’Escarpin, Cris & chuchotements etc).
Tout est made in France, notamment le latex, avec de belles coupes et de beaux matériaux. Le collier de force en cuir façon python clouté or, très belle pièce à 500 euros. La marque Atelier D’Lys est ici en exclusivité. Qui dit BDSM dit aussi accessoires d’impact (fouets etc).
Pour jouer les maîtresses intraitables. Si on se lance à peine, on peut commencer en collectionant les barrettes « strass moi fort », « miss », « bitch », ou des plugs en forme de cœur. Une pièce secrète expose des pièces artisanales en verre de toute beauté. À mettre au salon ? Des cours de libertinage, de tantra sont proposés le week-end et en soirée. Bref, tout le spectre de la sexualité récréative se donne rendez-vous ici.
▼ Vous Monsieur I Vous Madame
18 Rue du Vertbois, 75003 Paris
Le lundi de 11h à 19h
Du mardi au samedi de 10h à 20h
Le dimanche de 12h à 19h
Tél : 07 68 54 65 20
en visite guidée
Guillaume Bertrand, troubadour, a crée le site sous-les-paves.com. Douze thématiques de visites guidées (la folie à la Salpétrière, l’histoire de Pigalle, les Templiers etc) y sont proposées dans Paris intra-muros. Celle qui nous intéresse s’intitule « le Marais libertin et scandaleux ». Rendez-vous un dimanche pluvieux de janvier à 15h devant l’église Saint-Paul Saint-Louis.
Guillaume commence la visite dans l’église, en nous rappelant les fondamentaux du libertinage : c’est être un libre penseur, par rapport au carcan de la religion et de la morale. Rappelons Molière : « cachez ce sein que je ne saurais voir ». Et le cardinal de Richelier qui avait 14 chats dont la chatte « Soumise », à une époque où le chat était associé à la sorcellerie. Le Marais, c’était la villégiature de la cour, après avoir été un marécage puant aux bordels fréquentés par les éclésiastiques.
On admire dans l’église les bénitiers offerts par Victor Hugo pour le mariage de Léopoldine dite Didine. Au 18ème siècle, les dames étaient empêtrées dans leurs corsets et robes à paniers. Il fallait compter trois quarts d’heure pour habiller une dame et autant de temps pour la déshabiller. En cas de besoin pressant pendant la messe, la dame de compagnie leur passait un pot de chambre nommé le « bourdaloue » du nom du prédicateur, ou « pisse-debout ». Au nom de la morale chrétienne.
Passage Eginhard, on note la présence d’un puits et de chasse-roues, ces blocs de pierre destinés à protéger les carosses dans les virages et et s’en protéger . Au village Saint-Paul, enclave bien cachée, Gauillaume nous parle du bal des Ardents. Charles VI dit le fou, avait ses mignons. Lors d’une soirée où ils se déguisent en sauvageons pour aller trousser les dames, ils prennent feu à cause des torches. Seul Charles VI en réchappera.
Poterne Saint-Paul, on en apprend davantage au sujet de la vie intime de Catherine de Médicis, et du roi Henri II. Il avait, dit-on, un méat urinaire trop court, et elle un utérus rétroversé. En missionnaire, la couche reste longtemps stérile. Sur le conseil du médecin, ils passent à la levrette et là, dix enfants en brochette voient le jour. Henri IV, dit le Vert galant, aurait eu 77 maîtresses. Un record.
Quant à la marquise de Brinvilliers, yeux bleus et petite taille, fille d’un commissaire de police, elle a empoisonné à l’arsenic tous ses proches. Liqueurs, vols au vent, tourte aux champignons, tous les moyens étaient bons pour faire avaler ledit poison. Au couvent, on retrouvera des missives où elle s’accuse de tous les maux. Sodomie, luxure, empoisonnement, avortement etc.
Au 17 rue Beautrellis a vécu Jim Morrison, grand libertin devant l’Éternel. Il y est mort en 1971.
Enfin, on traverse l’hôtel de Sully pour rejoindre la place des Vosges où naguère on ne pouvait s’y balader qu’en étant bien habillé. C’est ici qu’a vécu et écrit Victor Hugo. Victor Hugo, le libertin, fumeur de weed et amateur d’ésotérisme.
▼ Sous les pavés
18 Rue du Vertbois, 75003 Paris
Le site internet
l’art de la geisha
Pour la cérémonie du thé ou du saké, à vos couverts ! Baguettes, bols ramen, plateau et service. Pour rafraîchir monsieur, des éventails en tissu, en papier, plat ou en accordéon, à partir de 9 euros. Pour se faire belle, des pics cheveux et des barrettes soigneront votre tenue nipponne. C’est digne du film l’Empire des sens de Nagisa Oshima.
▼ KIMONOYA
11 Rue du Pont Louis-Philippe, 75004 Paris
Le lundi de 14h à 19h
Du mardi au samedi de 11h à 19h
Fermé le dimanche
Tél : 01 48 87 30 24
Texte : Valérie Rodrigue
06.02.25
