Nous avons rencontré Martine Figuéroa, tête de liste « Paris centre apaisé avec Martine Figuéroa » (Horizons, Renaissance, Nouveau Centre – Les Centristes, soutenue par Pierre-Yves Bournazel) à la brasserie Le Croco. Elle était accompagnée de Benjamin Djiane qui occupe la deuxième place sur sa liste pour Paris Centre.
Martine Figuéroa est une figure du 1ᵉʳ arrondissement, élue pendant 12 ans du 1er arrondissement, notamment adjointe au Maire (2014-2020) à la Petite Enfance, aux Familles, à la Jeunesse et aux Sports sous Jean-François Legaret. Elle est aujourd’hui élue d’opposition à Paris Centre. Fille d’ouvriers, Parisienne depuis quatre générations, scolarisée aux Halles puis dans le Marais (crèche Arbre-Sec, école élémentaire Saint-Germain-L’Auxerrois, lycée Victor Hugo à Barbette et rue de Sévigné), mère de famille, elle incarne la parisienne pur jus du centre historique.
Passionnée par le lien intergénérationnel, elle porte un programme pro-familles : choc d’offres locatives pour favoriser le logement et permettre de se projeter à Paris Centre (assurance loyers impayés pour redonner confiance aux propriétaires loueurs, Airbnb limité à 30 jours par an), création d’un tiers-lieu familial récréatif « le Cocon » dans la mairie du 2ème qui soit à la fois un lieu d’activités parents-enfants et d’accompagnement ; les jeudis des seniors ; un bal populaire chaque année pour recréer du lien social et unir les arrondissements du centre.
Pragmatique, elle veut rétablir l’équilibre commerce/proximité, circulation globale, davantage écouter les habitants et en finir avec une forme d’’arrogance municipale. Elle refuse tout dogmatisme : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. »
1. Baisse de la population à Paris-Centre
Le Marais Mood : Vous alarmez-vous de la baisse de la population à Paris-Centre, avec des milliers d’habitants perdus chaque année, notamment des familles de classes moyennes et modestes entre 2012 et 2026 ? Quels leviers utiliserez-vous pour les maintenir ou faire revenir (écoles, services, logement, vie de quartier) ?
Martine Figueroa : Oui, la baisse de la population à Paris Centre est préoccupante, car elle affecte non seulement la diversité sociale mais aussi la vitalité économique et culturelle de la Ville. Nous devons agir sur plusieurs leviers pour inverser cette tendance. Tout d’abord, le logement est un enjeu crucial. Nous proposons avec Pierre-Yves Bournazel un programme pour remettre 60 000 logements sur le marché locatif à l’échelle de Paris. Nous allons aussi revoir les règles d’attribution et de rotation du parc social, notamment au bénéfice des familles.
En parallèle, nous allons agir sur la qualité de vie et le cadre de vie : propreté, sécurité, accès aux services publics facilité, notamment avec plus de transparence dans l’attribution des places en crèche, une meilleure écoute des parents et de leurs besoins avec un Conseil Local des Parents, de la crèche au collège. La vie de quartier est également essentielle ; nous voulons encourager les initiatives locales et créer plus d’interactions entre les habitants. En mettant en place ces mesures, nous espérons maintenir les familles dans le centre de Paris et en attirer de nouvelles.
2. Prix de l’immobilier et loyers
Le Marais Mood : Les prix de l’immobilier et des loyers chassent les classes moyennes de Paris-Centre. Quelles sont les marges de manœuvre pour la maire de Paris-Centre ? Quelles mesures précises allez-vous mettre en place face à ce changement de population (préemption, encadrement, logements familiaux, dialogue avec la Ville) ?
3. Impact d’Airbnb
Le Marais Mood : Le Airbnb est-il un « commerce toxique » dans un quartier aussi touristique que le Marais ? Quelles sont les mesures auxquelles vous avez songé (contrôles, quotas, sanctions) ?
4. Pop-up stores
Le Marais Mood : Qu’en est-il des pop-up stores, sont-ils l’« Airbnb du commerce », qui fragilisent les boutiques de proximité ? Comment les réguler pour préserver les commerces durables ?
Martine Figuéroa : Les pop-up stores peuvent effectivement être perçus comme une menace pour les commerces de proximité, car ils créent une forme de concurrence déloyale. Bien qu’ils puissent offrir une certaine dynamique et une diversité commerciale, leur modèle économique peut nuire à la pérennité des petites boutiques de quartier. Nous croyons qu’il est essentiel de trouver un équilibre. Nous sommes favorables à un encadrement de l’installation de pop-up stores. De cette manière, nous visons à préserver l’identité commerciale des quartiers sans nier leur dynamisme.
5. Cantines scolaires
Le Marais Mood : Le chef cuisinier Michel Sarran a raconté sur les réseaux sociaux l’indigence des cantines avec une photo du plateau repas de sa petite-fille. Quel est votre diagnostic et les mesures sur les cantines de Paris-Centre (bio, circuits courts, contrôle menus) ? Quel est votre diagnostic et les mesures sur les cantines de Paris-Centre ?
6. Accusations de maltraitance dans les écoles
Le Marais Mood : Il y a eu au cours de ces dernières années des accusations de maltraitances/agressions sexuelles dans périscolaire dans les écoles du quartier (Paul Dubois, La Perle). Quelles sont vos réformes pour sélection/formation/contrôle ?
7. Circulation à Paris
Le Marais Mood : Certains affirment que la circulation est « infernale » (les soignants dont SOS Médecins, les habitants et les commerçants). Partagez-vous cette opinion ? Il y aura-t-il des changements des sens de circulation, pour les ambulances, les livraisons ?
La philosophie de notre liste c’est celle de plus d’unité, de vivre-ensemble et ça part d’un constat : la fusion administrative de 2020 n’a pas été suffisamment aboutie et tangible au quotidien. Les habitants ne se sentent pas Paris-Centr’ois, les identités d’arrondissement sont persistantes, avec perte du lien collectif et des services de proximité. Nous rouvrirons les mairies d’arrondissement comme lieux vivants, avec un adjoint dédié par secteur comme interlocuteur privilégié. Il faut recréer du lien démocratique dans Paris Centre, de la proximité et du dialogue car l’élu doit être « à portée d’engueulade ».
Texte : Katia Barillot
02.03.26
