Adolfo Kaminsky, autoportrait à l’âge de 19 ans, Paris, 1944, ©Adolfo Kaminsky (g.) – dolfo Kaminsky chez lui, à Paris, en 1997, ©Leïla Kaminsky (dr.)

Discret, d’une élévation d’âme rare et un tantinet rêveur, Adolfo Kaminsky, s’est éteint à Paris à l’âge de 97 ans, le 9 janvier. Photographe, résistant et faussaire de génie, ce natif de Buenos Aires, où il était né en 1925, s’engage dans la Résistance à l’âge de 17 ans. Il devient alors expert dans la réalisation de faux papiers à Paris grâce à ses connaissances en chimie acquises lorsqu’il était apprenti teinturier en Normandie.

Kaminsky sait notamment effacer l’encre rouge utilisée par l’administration de Vichy pour tamponner le mot « JUIF » sur les documents des israélites. Un travail harassant : « Le calcul est simple. En une heure je fabrique trente faux papiers. Si je dors une heure, trente personnes mourront… », raconte-t-il dans Une vie de faussaire (Calmann-Lévy), le livre publié par sa fille Sarah Kaminsky en 2009. Parmi ceux qu’il parvint a sauver d’une mort certaine figuraient des habitants du Marais.

Juif d’origine argentine, un temps interné à Drancy, il sauve des milliers de vies jusqu’à la Libération. Durant les trois décennies suivantes, cet homme aux profondes convictions humanistes met son savoir-faire au service d’autres causes : le soutien au FLN, les luttes révolutionnaires d’Amérique du Sud, les guerres de décolonisation d’Afrique, l’opposition aux dictateurs d’Espagne, du Portugal, de Grèce. Toujours, il s’interdit d’être payé. En 1971, il fabrique son dernier faux papier, et met un terme définitif à cette activité.

Parallèlement, l’exceptionnel faussaire bâtit – toujours dans la discrétion totale – une belle œuvre photographique, aux cadrages aussi précis que ses faux documents. Le Musée d’art et d’histoire du judaïsme (MahJ) lui a rendu hommage à l’automne 2019 avec une belle exposition. Après la Libération, Kaminsky avait réalisé des milliers de clichés, posant un regard en clair-obscur sur le ­monde et le Paris des années 1940, 1950 et 1960. Ce qui l’intéresse, c’est le populaire. Des puces de Saint-Ouen aux néons de Pigalle, il saisit avec simplicité les regards et les silhouettes parisiennes : des amoureux, des travailleurs, des prostituées, des brocanteurs, des bouquinistes, à Paris, Saint-Ouen, Marseille ou dans le Sud algérien. On pense à Brassaï et Doisneau. Ses instantanés qui se confondent avec la recherche de la vérité.

Début 2022, la mairie de Paris Centre avait eu la bonne idée de présenter une partie de son œuvre. Ses images avaient été accrochées – comme il se doit pour un photographe de rue – dans la rue, sur les trois côtés des grilles de la mairie de Paris Centre. On pouvait alors se plonger une dernière fois dans l’œuvre méconnue d’un photographe discret, Adolfo Kaminsky, né voilà presque un siècle au bout du monde et que Le Marais Mood a eu l’immense honneur de rencontrer à plusieurs reprises. Chapeau, l’artiste !

Texte : Axel G.

20.01.23

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