Aurélien Véron, cadre en entreprise et élu LR (Les Républicains) depuis 2020, se lance à nouveau tête de liste pour la mairie de Paris-Centre, sous l’étiquette « Changer Paris Centre avec Aurélien Véron et Rachida Dati ». Conseiller de Paris et d’arrondissement (34% en 2020), il mène un groupe Républicains et Libéraux axé sur le concret : moins de nuisances sonores nocturnes, réfection des logements sociaux existants plutôt que nouvelles constructions, retour des classes moyennes via moins de lourdes administratives et réduction des effectifs municipaux (5 à 10 000 postes).
1. Baisse de la population à Paris-Centre
Le Marais Mood : Vous alarmez-vous de la baisse de la population à Paris-Centre, avec des milliers d’habitants perdus chaque année, notamment des familles de classes moyennes et modestes entre 2012 et 2026 ? Quels leviers utiliserez-vous pour les maintenir ou faire revenir (écoles, services, logement, vie de quartier) ?
Aurélien Véron : La baisse de population à Paris (de 2,2 à 2,1 millions d’habitants depuis 2014, avec 25% de pertes prévues d’ici 25 ans selon l’Insee) cette baise est comme un signal d’alarme majeure, accéléré par les politiques actuelles. Je la lie directement à une piétonnisation excessive qui transforme le centre en « Disneyland géant » : rues envahies par le tourisme de masse, commerces low-cost (kebabs, T-shirts), nuisances nocturnes et Airbnb, rendant les quartiers invivables pour les riverains. Cela tue l’esprit des lieux, chasse les classes moyennes et appelle à un rééquilibrage : moins de piétonnisation, plus de mixité résidentielle et de services pour les habitants.
2. Prix de l’immobilier et loyers
Le Marais Mood : Les prix de l’immobilier et des loyers chassent les classes moyennes de Paris-Centre. Quelles sont les marges de manœuvre pour le Maire de Paris-Centre ? Quelles mesures précises allez-vous mettre en place face à ce changement de population (préemption, encadrement, logements familiaux, dialogue avec la Ville) ?
Aurélien Véron : La Ville achète massivement (250-300 M€/an), converti en T1/T2 pour des gens travaillant en banlieue. On remet l’algorithme dans le bon sens : convertir la plupart des baux en PLI pour Parisiens, agents et classes moyennes. Aide à l’acquisition immobilière pour couples parisiens avec un enfant de plus, ayant besoin d’une chambre supplémentaire. Lever le plafonnement des loyers pour appartements remis en état, desserrer la contrainte locative. Arrêter les achats massifs qui tirent les prix. Pas de coup de magie, mais un ensemble de mesures. Le plafond des loyers est une fausse bonne idée : locataires protégés, mais offre qui baisse. À 28 €/m² pour 12 m², ça ne couvre pas intérêts, charges, taxe foncière. Résultat : 23% du marché vide (dont 6% à cause du DPE). Les propriétaires préfèrent ne pas louer ou faire Airbnb. Développer le bail mobilité (1-10 mois) pour les profs, expatriés, consultants : loyer plus élevé, renouvelable, sans contrainte du bail classique.
3. Impact d’Airbnb
Le Marais Mood : Airbnb est-il un « commerce toxique » dans le Marais touristique, notamment l’offre pour les habitants ? Quelles mesures (contrôles, quotas, sanctions) ?
Aurélien Véron : 70 000 Airbnb à Paris : 50 000 résidences principales (vrais), 20 000 commerciales (bureaux/cabinets convertis), des milliers en fraude. Dans certains immeubles, c’est infernal : boîtes à clés, valises, poubelles. Airbnb commercial (80% des cas) transforme les logements en bureaux touristiques. Lutte contre la fraude : doubler les contrôleurs rue (de 33 à 60), accès mairie aux fichiers Airbnb, sanctions. Réduire la densité dans le Marais saturé, disperser mieux. Pour résidences secondaires (10%) : location étudiants à loyer bas (20 €/m²) 9 mois, puis courte durée l’été (proprio absent). Favorise étudiants + revenus secondaires déclarés. Meublé Airbnb bénéficie fiscalement vs location longue. Contre fraude : pénaliser les boîtiers clés non déclarés.
4. Pop-up stores
Le Marais Mood : Les pop-up stores sont-ils l’« Airbnb du commerce », fragilisant les boutiques de proximité ? Comment réguler dans le Marais pour les commerces durables ?
Aurélien Véron : La piétonnisation massive tue les indépendants, remplacée par de grandes enseignes touristiques (Martine, Nespresso). Le tourisme de masse veut du standard, pas de spécialités. Les commerçants paient 50% loyer en plus pour CA massif, petits indépendants tapent clientèle spécifique. Ça transforme le quartier en zone touristique, tue vie des habitants. Réguler les baux éphémères, préemption pour les commerces utiles. Préserver chalandise francilienne (banlieue aisée) via accès voiture/métro. Sans ça, les boutiques ferment (comme Dijon). Équilibre : résidentiel + franciliens fidèles vs tourisme bas de gamme.
5. Cantines scolaires
Le Marais Mood : Le chef Michel Sarran a déclaré l’indigence des cantines (photo du plateau de sa petite-fille). Diagnostic sur Paris-Centre et mesures (bio, circuits courts, contrôle menus)
Aurélien Véron : Ça a l’air insipide. Je n’ai pas la religion du bio, mais des produits bio, de saison et surtout locaux ne sont pas plus chers et ils sont parfaits pour remplir les assiettes : carottes, potiron, topinambour excellents. Il convient aussi de diversifier le contenu de l’assiette et de l’améliorer avec des petits ajouts pas compliqués à se procurer : herbes de Provence, filet d’huile d’olive, épices. C’est peu coûteux et rehausse les saveurs. Il faut aussi que nous ayons une proximité avec chefs, ils sont très demandeurs pour apporter leur savoir-faire aux cuisines scolaires. Il faudrait aussi explorer une cuisine simplifiée avec par exemple 3 ingrédients basiques mais gastronomiques pour apprendre aux enfants à manger varié.
6. Accusations de maltraitance dans les écoles
Le Marais Mood : Accusations de maltraitances/agressions sexuelles au périscolaire (Paul Dubois, La Perle ; Cash Investigation). Réformes pour sélection/formation/contrôle
Aurélien Véron : Proposer des contrats d’1h30/jour est problématique ce système n’attire hélas pas beaucoup de personnes qualifiés. Je souhaite aussi rétablir la semaine de 4 jours, elle permettrait de proposer un vrai job avec une journée complète pour ceux qui sont en charge des enfants dans le périscolaire. Ce sera l’occasion d’une meilleure rémunération pour des animateurs avec un BAFA ce qui englobe plus de qualifications culturelles et sportives.
Il y a aussi une nécessité à demander un casier judiciaire vierge ainsi qu’un fichier des infractions sexuelles systématiques. De plus nous ferons en sorte que les écoles soient attentives aux signaux des enfants ; qu’à chaque fois que c’est nécessaire demander des enquêtes sociales et auprès du parquet soient une nécessité. Côté prévention : il faut aussi expliquer aux enfants les limites sans choquer ainsi qu’un centre parisien post-trauma dédié aux violences sexuelles enfants (rapide, gratuit comme planning familial 48h).
Nous voulons que les visages, noms de tout le personnel scolaire et périscolaire soient en ligne, sur site école pour permettre aux parents d’identifier ceux qui s’occupent de leurs enfants. Ce genre d’actions de transparence simple sont peu coûteuses est rassurantes pour un parent ou un grand-père, comme moi. Il faudrait aussi soutenir l’éducation sexuelle adaptée à l’âge (pas trop tôt sur LGBT/IST) qui explique clairement le consentement.
7. Circulation à Paris
Le Marais Mood : Partagez-vous l’idée que la circulation est devenue « infernale » (pour les habitants, les soignants comme SOS Médecins, les commerçants). Quels changements pensez-vous mettre en place ?
Aurélien Véron : Oui, ZTL + ville 15 min chassent banlieusards aisés qui avvaient l’habitude de fréquenter le centre de Paris, et pour ne rien arranger le côut de parking 18 €/h est prohibitif. Les temps de trajet doublé dans la plupart des cas, tellement il y a de sens interdit. Commerçants sont nombreux dans Paris-Centre 86 pour 1000 habitant contre 40 à Paris en moyenne. La clientèle qui venait faire son shopping le samedi, suivi d’un resto ou d’un théâtre en voiture de la banlieue ouest en particulier a totalement disparue. C’est surement l’une des raisons pour lesquelles les ventes du BHV se sont effondrées après 2020. La priorité absolue du piéton contre les voitures et les cyclistes est l’une de nos préoccupations. Il faut verbaliser les cyclistes dangereux, il faut des feux stricts vers Saint-Paul. Il faut aussi des couloirs vélo séparés vers les quais et bidirectionnels rive droite si les berges sont dégagées.
La philosophie de notre liste repose sur une politique de proximité concrète, pragmatique et libérale , ancrée dans l’écoute des habitants et une action de terrain sans idéologie lourde. Parisien de naissance, cadre d’entreprise financièrement indépendant. Nous défendons une vision exigeante du patrimoine et de la culture – contre les « tentations éveillées » et pour l’excellence accessible – tout en luttant pour un quotidien vivable : propreté, sécurité, moins de nuisances sonores et touristiques, rénovation des HLM existants plutôt que de nouvelles visites. Nous prônons pour un Paris « libre, propre et vivant », avec mixité des transports (vélo + voiture), restriction des Airbnb et soutien aux commerces de qualité, pour ramener les classes moyennes et éviter la « disneylandisation ». En résumé : écouter, simplifier, protéger l’identité des quartiers.
Texte : Katia Barillot
02.03.26
