©Prince Gyasi, The Last One

Pendant le confinement vous pouvez retrouver les oeuvres de la galerie sur son site internet

Petit à petit, la Nil Gallery se fait une place dans le marché d’art africain contemporain, en plein boum depuis 5 ans. Les artistes émergents de continent noir ne sont pas les seuls à y être représentés. Mais à côté de plasticiens venus d’Asie ou de Pologne, ils tiennent le haut du pavé rue des Coutures-Saint-Gervais, accolée au Musée Picasso.

On admire ici des artistes contemporains figuratifs et pop, souvent originaux et spectaculaires, jamais misérabilistes. La programmation audacieuse de Paul William et Hugo Zeitoun, deux galeristes trentenaires est, au contraire, représentative d’un afro-optimisme réjouissant.

Il en va ainsi du Ghanéen Prince Gyasin qu’en 2018, Vanity Fair a classé parmi la liste des 9 artistes visuels de l’avant-garde à suivre. Apple, de son côté, collabore avec ce jeune homme de 23 ans établi à Accra, qui travaille une palette chromatique vive en aplats monochromes en phase avec notre siècle.

Ses photos « colorblock » réalisées à l’aide d’un iPhone ou un Fuji numérique poussent la saturation au maximum et explorent le nuancier de la peau noire en célébrant leur photogénie. Comme Vassily Kandinsky (1866-1944), Prince Gyasina a la particularité d’être synesthésique : il fait partie de ces rares personnes capables de « visualiser des sons », « écouter des couleurs », et associer des couleurs à des émotions.

©Prince Gyasin, Restoration

©Prince Gyasin, Projection

Autre révélation, l’autodidacte Alimi Adewale, artiste nigérian dont le travail évoque des questions sociales : chômage, jeunesse délaissée, mortalité, liberté d’expression, l’oppression politique. Entre sculpture traditionnelle africaine et art contemporain, les visages minimalistes (18 000 €/la paire) de cet ex-ingénieur questionnent des problématiques au cœur de la société.

Enfin, les tableaux d’Abé Odedina, également du Nigeria, rappellent l’univers complexe et subtil de sa compatriote écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie. Axé sur les cultures yorubas, le travail sur bois de cet artiste qui vit entre Londres et Salvador Bahia (Brésil) revisite des thèmes classiques à la frontière des mythologies grecques et yorubas. Ses peintures (à partir de 5000€) font partie de diverses grandes collections internationales, dont la British Government Art Collection ou encore la créatrice de mode (et collectionneuse) Agnès B.

Nil Gallery
14 Rue des Coutures Saint-Gervais, 75003 Paris
Du lundi au vendredi de 13h à 19h30
Tél : 01 44 54 04 07

Texte : Katia Barillot

02.11.20

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