Anaïs Olmer, fondatrice de Chez Bogato

Anaïs Olmer est la fondatrice de Chez Bogato, première pâtisserie parisienne entièrement dédiée aux gâteaux de fête sur mesure, devenue en quinze ans une institution pour goûters, anniversaires et événements de marques. Ancienne directrice artistique en agence de publicité, diplômée de Penninghen, elle a passé un CAP de pâtisserie à 30 ans et transpose son univers de graphiste – goût des couleurs, du dessin, des formes ludiques – dans des biscuits, sablés et gâteaux aussi beaux que bons, en refusant l’étiquette de simple « cake design ».

Elle a construit une maison gourmande festive, où chaque gâteau est pensé comme un support de narration visuelle et de joie partagée, et dirige aujourd’hui une équipe mêlant pâtissières et chefs de projet questions de la communication, du stylisme ou de la photo.

Pouvez-vous nous faire un portrait de la personne que vous êtes et du milieu professionnel dans lequel vous évoluez ?

Je suis une femme de 50 ans, j’ai 2 enfants et j’ai monté mon entreprise en 2009, Chez Bogato, une pâtisserie spécialisée dans la création sur-mesure. Depuis je me suis re-mariée avec Audrey qui est aujourd’hui ma femme et mon associée. La pâtisserie a déménagé dans le Marais en 2020 et nous avons ouvert en 2022 notre coffee shop à la même adresse. Nous sommes une équipe de 20 personnes environ dont 18 femmes et parfois mes enfants en renfort 🙂

 

•  Avez-vous déjà senti que l’on vous enfermait dans un rôle « de femme » ? Comment-vous réagir ou contourné cela ?

Honnêtement je le ressens peu car je ne l’ai jamais accepté. Mais malgré tout ça arrive, notamment avec les gens que je ne connais pas et les métiers essentiellement masculins type livreur, bâtiment etc…. Contourner, je ne sais pas faire donc on va dire qu’en général c’est assez frontal. Je ne pense pas que ce soit forcément la meilleure solution mais je ne sais pas faire autrement.

 

• Quel geste, conseil ou phrase d’une autre femme vous accompagne encore aujourd’hui dans les moments difficiles ?

Je ne suis pas sûre d’avoir vraiment progressé dans la gestion des moments difficiles… je m’accroche à des femmes fortes et imparfaites qui traversent la vie avec panache et qui durent – Catherine Ringer, Virginie Despentes, Françoise Sagan, Martha Stewart – et je me dis que je dois me bagarrer aussi un peu !

 

• Dans votre domaine quelles sont les barrières invisibles que vous rencontrez encore en tant que femme ?

Je n’ai pas choisi de composer mon équipe de femmes, ça s’est fait tout naturellement car je n’ai que des candidatures de femmes. On va nous faire croire que c’est un hasard… pas du tout ! Les hommes de ce secteur n’ont pas de respect pour les femmes et ne souhaitent pas travailler pour elles, avec elles, mettre en valeur leur travail.

L’autre raison c’est que les femmes, elles, n’ont pas grand-chose à espérer dans des pâtisseries gérées par des hommes. Au mieux, elles  doivent se battre 3 fois plus pour évoluer, au pire, elles sont harcelées. Elles le savent et viennent naturellement postuler dans un environnement féminin dans lequel ce sujet n’existe pas.

 

• Comment conciliez-vous votre vie personnelle avec vos ambitions professionnelles ou créatives ?

Le père de mes enfants m’a beaucoup aidé en s’occupant d’eux quand ils étaient petits et que je montais mon entreprise. Désormais je suis associée avec ma femme et mes enfants ont 20 ans et travaillent de temps en temps avec nous alors tout se mélange et ça me va très bien.

 

• Qu’aimeriez-vous que l’on cesse de demander aux femmes… et que l’on demande enfin aux hommes à la place ?

Tout ! Comme dit Virginie Despentes  » il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l’air ».

 

Si vous pouviez changer une seule chose, concrète et immédiate, pour améliorer la vie des femmes dans votre quartier et ville, ce serait quoi ?

Ah ah bannir les talons aiguilles et les faux ongles !!!! La liberté et la puissance commencent par la liberté de mouvement ! Et pour cette libération, les femmes n’ont besoin de personne.

 

• Quelle jeune femme ou jeune fille de votre entourage vous donne de l’espoir pour l’avenir, et pourquoi ?

Ma fille ! Elle est féministe comme sa mère et s’est affranchie de la nécessité de plaire aux hommes ou de devenir mère. Elle nous trouve parfois dépassées ou conventionnelle Audrey et moi et ça me réjouit !

Texte : Katia Barillot

08.03.26

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