©Jean-Pierre Dalbéra

Rencontre avec Sandrina Martins, directrice générale du Carreau du Temple, un lieu de convergence de tous les arts.

©Anaïs Costet

♦ Comment le Carreau du Temple a-t-il vécu la crise du coronavirus ?

Nous n’avons pas chômé.

Depuis le 20 mars, le Carreau du Temple a été un centre névralgique de l’accueil des sans-abris et des personnes vulnérables dans la capitale. Nous avons mis notre halle à la disposition du SAMU social et de l’association Aurore.

Nous avons un sacré avantage avec nos salles de grandes superficies, nous sommes un lieu idéal à l’heure de la Covid-19.

Il y a eu, tout au long du confinement, des distributions de paniers repas et de produits de première nécessité : kits d’hygiène, vêtements chauds, couvertures.

Nous allons continuer jusqu’à la fin du mois de juin.

♦ Que se passe-t-il en ce moment au Carreau ?

Nous réfléchissons à l’avenir du Carreau. Nous sommes déjà dans le projet du quart d’heure. Cette idée qui dit que pour que la vie soit plus simple, chacun doit avoir des services de proximité à dix minutes de chez soi.

Nous proposons déjà cette démarche de proximité culturelle avec les activités sportives et artistiques et notre scène de danse contemporaine qui attire les spectateurs comme les professionnels.

Depuis le déconfinement, nous avons réouvert nos portes aux résidences artistiques. Car pour les artistes professionnels, le manque d’entraînement est un problème important.

C’est pourquoi nous avons repensé aussi l’accès à notre espace dédié aux vidéos d’art, Videobox, situé au sous-sol du Carreau du Temple. L’accès au lieu étant impossible pour le public, nous avons transposé nos expositions sur notre chaîne YouTube afin que le plus grand monde puisse en profiter.

En ce moment une exposition virtuelle imaginée en partenariat avec la collection d’entreprise Neuflize OBC est visible jusqu’à fin juillet.

Et il a fallu également réinventer l’accès, par exemple, aux cours de sport dispensés habituellement dans nos sous-sols. Nous avons imaginé un dispositif de cours de danse en ligne, Let’s dance, diffusé gratuitement sur notre chaîne YouTube.

Chaque semaine, tous les mercredis de 17h à 18h, un cours de danse est diffusé en direct (puis en replay) et ce jusqu’au 24 juin. Charleston, salsa, hip-hop, danse contemporaine, toutes les facettes de la danse sont proposées grâce au concours de nos associations partenaires.

♦ Quels cours peut-on suivre en ce moment au Carreau du Temple ?

Vous pouvez visionner en replay un cours de hip-hop, de danse contemporaine parents/enfants et un cours de charleston. Mercredi, place à la Booty Therapy !

Certains cours de pratiques individuelles qui ne nécessitent pas de contact entre les personnes, comme le yoga vont recommencer, on l’espère bientôt.

♦ Et pour l’évènementiel ?

Je me demande si les organisateurs d’évènements vont continuer les grands raouts. Or au Carreau du Temple c’est l’événementiel, comme les défilés de mode, les foires etc. qui rapporte de l’argent et nous permet d’avoir une programmation culturelle ambitieuse.

Nous sommes en particulier reconnus pour notre programmation pointue de danse contemporaine.

♦ Il est pour quand le retour à la vie culturelle d’après Covid-19 ?

Pour le spectacle vivant la vraie question est comment on va accueillir le public ? Est-ce que les gens n’auront pas peur de s’asseoir à côté d’un inconnu ? Parce que la distanciation dans une salle c’est compliqué.

Cette crise oblige à se réinventer, à réfléchir à comment on fonctionnera, sans attendre de l’aide de l’état.

Heureusement nous avons appris l’engagement de Christophe Girard de verser douze millions d’euros à l’ensemble des acteurs culturels à Paris. Soit une somme de 10 % de plus que la dotation annuelle de la ville.

Plus généralement je suis inquiète à court terme mais je suis aussi optimiste. Car tôt ou tard les gens auront envie du spectacle vivant, du cinéma, le lien direct à l’artiste est irremplaçable.

♦ Et les artistes qui devaient se produire au Carreau du Temple ?

Les artistes font le job, ils se sont déjà remis au travail. Ils ont des réflexions sur le monde d’après Covid-19.

Nous avons repris, sur Zoom, dans un autre genre, notre cycle sur l’environnement en visio-conférence avec le climatologue Jean Jouzel car cette question est au cœur de ce qui se passe sur notre planète.

L’année prochaine, dès le premier week-end de septembre, le sujet sera la connexion à la nature, au vivant.

♦ Justement, quels sont les rendez-vous de la rentrée de septembre ?

     • Samedi 5 septembre c’est la journée des associations, le rendez-vous pour découvrir et rencontrer les associations qui dispensent les cours de sport et de pratique artistique au Carreau.

     • Dimanche 6 septembre c’est l’édition 2020 du festival Les Traversés du Marais, nous accueillons l’impressionnante performance architecturale de Johann Le Guillerm.

     • Comme les habitués, nous attendons avec impatience Food Temple, notre évènement signature qui a lieu du 25 au 27 septembre et qui sera dédié cette année aux cuisines africaines.

 Nous allons probablement devoir tout changer de l’accueil des 13 000 personnes que draine un évènement comme Food Temple.

Aujourd’hui la règle c’est laisser 4m2 autour de chaque personne. On ne pourra donc avoir dans un instant T que 300 personnes au lieu de 1000. Or un évènement ou un spectacle n’est rentable qu’à condition de remplir la salle à 65 %.

Le plus compliqué c’est de devoir s’engager avec des nombreuses incertitudes. Une question nous taraude c’est : pourrons-nous ouvrir en septembre ?

Parce que jusqu’à présent nous avons dû annuler six mois d’évènements, de spectacles sur lesquelles nous avions travaillé parfois pendant un an.

Cependant on sait s’adapter. On ne s’apitoie pas, car tous les lieux culturels traversent cette crise.

En province, certains lieux ne vont pas ouvrir jusqu’à la fin de l’année. J’en suis triste pour eux.

Texte : Katia Barillot

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